Remerciements (apres introduction) Nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont permis la rédaction de ce dossier, plus particulièrement Juliette Morillot et Junk Sook Bae, pour les deux ouvrages qui ont été des sources d'informations particulièrement pertinentes. Par ailleurs, nous souhaitons remercier plus particulièrement Sera et Seul Lee, actuellement en semestres d'études à l'UTBM, ainsi que Sarah Amselem, en stage au Kaist, pour le temps qu'elles ont bien voulu nous accorder pour répondre à nos questions via les interviews que nous avons réalisés. 2. Présentation actuelle du pays 2.1. Introduction Avant de pouvoir entrer dans le sujet de l'éducation de la femme en Corée du Sud, il nous a paru nécessaire d'évoquer un minimum de notions concernant la géographie et certaines statistiques sur le pays. La Corée du Sud, officiellement "République de Corée" ou "Pays du matin calme", est un pays situé en Asie. Il couvre la moitié sud de la péninsule coréenne ; Sa capitale est Séoul, ce qui n'est pas sans poser certaines problématiques que nous évoquerons. La langue officielle est le coréen dont l'écriture est le hangul (ou hangeul) et la monnaie le won. Son unique frontière terrestre d'une longueur de 238 km avec la République populaire démocratique de Corée (i.e. Corée du Nord), est constituée au nord par la zone démilitarisée (DMZ), qui est en fait, aussi surprenant que cela puisse paraître, la plus militarisée au monde. Le nom que les Sud-Coréens donnent à leur pays est Hanguk, qui signifie littéralement Pays des Hans (en hangeul : “ÇÑ“±¹), du nom d'une tribu préhistorique qui habitait le sud de la péninsule coréenne. Les médias nord-coréens utilisent l'expression "Nam Choson", littéralement Corée du Sud. 2.2. Aspects politiques et administratifs La Corée du Sud est une république qui compte neuf provinces et six villes à administration autonome (Séoul, Busan, Incheon, Daegu, Gwangju, et Daejeon). Le chef d'État de la République de Corée est le président, qui est élu par scrutin direct pour une période de 5 ans. Premier représentant de la République et chef des armées, le président dispose en outre d'un pouvoir exécutif important ; il nomme le Premier ministre avec l'approbation du Parlement. Il préside et nomme également le Conseil d'État. Le parlement coréen est appelé Assemblée nationale ou le Kukhoe ; ses membres sont élus pour un mandat de quatre ans. Il compte actuellement 273 sièges, dont 227 sont pourvus au suffrage direct et le reste distribué proportionnellement parmi les partis ayant cinq sièges ou plus. L’¡Çinstance judiciaire la plus élevée est la Cour suprême, dont les juges sont nommés par le président avec le consentement du Parlement. Le chef d'Etat actuel, Roh Moo-hyun, a été élu Président de la République de Corée en décembre 2003, lors des seizièmes élections présidentielles, avec 48,9 % des voix face à son adversaire Lee Hoi-chang (GPN). Il est rentré en fonction de façon effective le 25 février 2003. %% a remanier Un fait troublant dans l'histoire de la politique Sud-Coréenne a été la problématique de la position géographique de la capitale ; en effet, fin octobre 2004, la Cour constitutionnelle déclarait que la localisation de la capitale nationale à Séoul était implicitement du domaine constitutionnel. Par conséquent, la loi de délocalisation de la capitale vers la province de Chungcheong Sud - plus au centre du pays - votée en décembre 2003 par le parti uri du président Roh et l'opposition du GNP de Park Geun-hye était invalidée. Il faudrait pour que la délocalisation soit effective, que l'amendement de délocalisation soit voté comme une modification constitutionnelle sanctionnée d'une part par un vote à la majorité des 2/3 à l'Assemblée, d'autre part par un référendum national. Cela relève de la gageure en l'état actuel des choses, car le GNP a changé de position sur la question et la majorité des deux-tiers semble impossible à atteindre et, de plus, l'approbation de cette mesure par la population est loin d'être acquise. Ce revers est ressenti d'autant plus durement à la Maison bleue (siège de la Présidence), que le Président avait fait de cette promesse l'une des mesures phares de sa campagne. Dans un contexte de forte impopularité du chef de l'État, les élections locales (municipales et provinciales) du 31 mai 2006 se sont traduites par un fort recul de la majorité gouvernementale, au profit de l'opposition conservatrice du Grand parti national, alors que l'abstention a été très élevée (près de 49 %). Nous voyons donc que sur l'aspect politique, la Corée du Sud, à l'image de la France dispose elle aussi, de sujets soumis à controverse. 2.3. Défense et influence Américaine L'armée sud-coréenne est actuellement l'une des plus puissantes de l'Extrême-Orient, avec les armées chinoise, japonaise et nord-coréenne. Ses effectifs sont de 672 000 hommes en armée d'active, et de 4 500 000 hommes en réserve, après avoir été d'un très modeste effectif à sa création. Selon l'Institut de recherches international pour la paix de Stockholm, les dépenses militaires de la Corée du Sud ont atteint 21,9 millliards de dollars US en 2006, la classant au onzième rang mondial sur le plan des dépenses militaires. Plus de 30 000 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud depuis la fin de la guerre de Corée. Le nombre de soldats américains en Corée devrait diminuer à 25 000 d'ici 2008 dans le cadre d'un redéploiement des forces. En cas de guerre, les États-Unis exerceraient le commandement militaire en Corée du Sud. Cette subordination militaire aux États-Unis, qui limite la souveraineté nationale de la Corée du Sud, découle d'un accord de défense entre les deux pays. Le président sud-coréen a toutefois récemment réaffirmé son espoir d'achever les négociations avec les États-Unis sur la récupération du commandement militaire opérationnel en temps de guerre auprès des troupes américaines en Corée d’¡Çici fin 2006. Dans son discours de début d'année 2007, Roh Moo-hyun a réaffirmé son souhait de réduire "la dépendance" de Séoul envers Washington en permettant à la Corée du Sud de recouvrir le contrôle de ses formes armées en cas de guerre. Ces déclarations font écho aux contestations, par une partie de l'opinion sud-coréenne, de la présence américaine en Corée du Sud. Des manifestations contre la présence américaine ont eu lieu en mai 2006. En outre, alors que des soldats américains ont été à plusieurs reprises impliqués dans des affaires de viol ou de mort de Coréens (tués accidentellement par les conducteurs de véhicules), ils bénéficient d'un privilège d'extraterritorialité : les affaires judiciaires impliquant des soldats américains en Corée du Sud pour des actes commis en Corée sont jugés par des tribunaux américains, et non par des tribunaux coréens. Par ailleurs, le sentiment anti-américain commence à se faire sentir. Ainsi, Juliette Morillot écrit dans son livre "Avec la démocratisation du pays, les slogans des étudiants des années 80 qui hurlaient 'Yankees go home!' sont repris en choeur par l'opinion publique. Le peuple coréen, enfin sûr de lui, ne supporte plus que son pays, qui s'est fait un nom sur la scène internationale, accepte la présence militaire américaine". 2.4. La population sud-coréenne, présentation et statistiques 2.4.1 Introduction La population coréenne est l'une des plus homogène dans le monde, ethniquement et linguistiquement, avec comme seule minorité une petite communauté chinoise. Les Coréens ont vécu dans la Mandchourie pendant de nombreux siècles, et sont maintenant une minorité en Chine. Notons que Joseph Staline a envoyé des milliers de Coréens, contre leur volonté, en Asie centrale (ancienne Union Soviétique) depuis Vladivostok et Khabarovsk. La majorité de la population coréenne au Japon s'y trouve depuis la période coloniale. L'instabilité politique, sociale et économique en Corée du Sud ont conduit beaucoup de Sud-Coréens à émigrer à l'étranger, principalement aux États-Unis ou au Canada. 2.4.2 Statistiques et comparaison avec la France Nous avons sélectionné quelques statistiques, afin d'émettre des comparaisons entre Corée du Sud et France : Population totale : Corée du Sud 1960-2005 48 294 000 France 1960-2005 60 873 000 Densité de population en nombre d'habitants au Km² : Corée du Sud 1961-2005 489,15 France 1961-2005 110,66 Indicateur de développement humain : Corée du Sud 1975-2005 0,921 France 1975-2005 0,952 Taux de fertilité (enfants par femme) Corée du Sud 1960-2005 1,08 France 1960-2005 1,92 2.4.3 Statistiques et religion La religion faisant partie intégrante de l'instruction et de l'éducation, il nous a paru nécessaire d'en évoquer ici quelques chiffres (datant de 1991) : Bouddhistes : 23,7 % Chrétiens : 21,1 % (protestants 16,3 % et Catholiques 4,8 %) Confucianistes (pratiquants assidus des rituels) : 1,5 % Autres (dont Ch'ondogyo) : 0,8 % Sans religion : 52,9 % 2.4.4 Le déséquilibre homme et femme Malgré la présence à ses portes des empires Chinois et Japonais, le peuple Coréen a su cultiver avec passion une civilisation originale, tirant notamment ses spécificités, comme le caractère farouche, les croyances et coutumes de ses ancêtres venus des confins de la Sibérie. En octobre 1995, la PPFK, ou fédération Coréenne du planning Familial a publié des chiffres évocateurs ; sur l'année 1993, on comptait 115,6 garçons pour 100 filles. Concernant les déséquilibres entre hommes et femmes à la naissance, on peut lire que dans la Corée moderne, la pression pour avoir un enfant mâle demeure énorme, et malgré l'interdiction gouvernementale et les fortes amendes, on use et abuse des systèmes perfectionnés de détection du sexe par ultrason in utero, l'avortement permettant le contrôle final. Ce problème de déséquilibre est pourtant pris très au sérieux, le ministère de la Santé publique ayant lancé une campagne de sensibilisation dont le slogan est le suivant : "Bientôt, trop d'hommes, pas assez de fiancées ! Où sont les femmes ?".